Rodion Chedrine

Rodion Chedrine est né à Moscou en 1932 dans la famille du diplômé du Conservatoire de Moscou, compositeur et professeur, Konstantin Mikhailovitch Chtchedrine (1894-1955) et d’une économiste et passionnée de musique, Concordia Ivanovna Chtchedrina (1908-1999).

 

Ainsi, le premier professeur du jeune Rodion est son père Konstantin. Le petit Rodion a un don musical rare, sa mémoire fonctionne comme un magnétophone, enregistrant la musique dès la première fois, sans aucune doute il a l’oreille absolue. Son talent extraordinaire est un jour remarqué par l’actrice V. N. Pachennaya qui visite de temps en temps la ville et qui finalement se charge de tous les frais pour envoyer le garçon à Moscou afin qu’il puisse y faire ses études au Conservatoire.

En 1941, Rodion entre à l’École centrale de musique auprès du Conservatoire de Moscou. M.L Gekhtman devient son premier vrai professeur de piano et lui donne des cours privés. En octobre 1941, la famille Chtchedrine est évacuée à Samara. D. Chostakovitch, lui aussi évacué, se retrouve dans cette ville où il finit sa célèbre septième symphonie ; le jeune Rodion a la chance de l’entendre lors de la répétition générale dirigée par S. Samossoud.

 

D. Chostakovitch et K. Chetchdrine sont tous deux membres de l’Union des compositeurs, où l’un est président et l’autre secrétaire adjoint. Chostakovitch soutient la famille Chtchedrine dans son quotidien.

 

Chtchedrine continue sa formation au Collège de chant de chœur de Moscou (1944-1950) présidé par A. V. Svechnikov. Dans les années 1950-1955, R. K. Chtchedrine fait ses études au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou. De 1956 à 1959, il fait un cycle d'études préparant à la soutenance de la thèse de candidat.

 

De 1965 à 1969, Chtchedrine enseigne la composition au Conservatoire de Moscou. Parmi ses élèves sont O. Galakhov, B. Getcelev et G. Mintchev. Chtchedrine arrête ses activités pédagogiques au Conservatoire à cause d’un conflit avec les représentants du Parti communiste du département de composition et théorie musicale. En 1968, il refuse de signer la lettre soutenant l’entrée des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie.

 

En 1973, Chtchedrine est élu président de l’Union des compositeurs de la Fédération de Russie, béni par D. Chostakovitch. Il ne quitte ce poste qu’en 1990 tout en restant président d’honneur de l’Union des compositeurs de Russie. Le fait qu’une grande organisation de compositeurs russes pendant de longues années était présidée et dirigée par un compositeur important et novateur a évidemment joué un rôle considérable dans l’évolution de la musique. Chtcherdrine a apporté son soutien à d’autres compositeurs, musicologues, chefs d’orchestre etc.

 

« Chtchedrine a présidé l’Union des compositeurs russes toutes ces années, mais peu de gens savent le nombre de jeunes talents réprouvés, chassés par le pouvoir qu’il a soutenus » a écrit en 2002 Vladimir Spivakov dans le prospectus du Festival de musique consacré au 70e anniversaire du compositeur R. K. Chtchedrine.